Le 10 mai a été choisi comme date de commémoration de l'abolition de l'esclavage, en prenant en référence la date du 10 mai 2001, jour où fut votée la loi Taubira reconnaissant la traite et l'esclavage comme un crime contre l'Humanité. Dans les établissements scolaires, seront lus des textes d'Aimé Césaire ou de Léopold Sedar Senghor pour commémorer l'abolition de l'esclavage.

En 1953, une cérémonie particulièrement émouvante eut lieu en l'église Saint-Sulpice de Nogent-le-Roi, à l'occasion des funérailles de Gratien Candace, né en Guadeloupe en 1873, petit-fils d'esclave, devenu instituteur et homme politique d'envergure nationale. Ses attaches familiales avec une famille de Lormaye l'avaient amené à séjourner dans cette commune. Il fut enterré au cimetière de Coulombs.

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Gratien Candace (1873-1953)

Le parcours étonnant d'un fils de paysan, petit fils d'esclave devenu instituteur puis chargé de mission de Doumergue, sous-directeur de cabinet de Viviani, député (1912-1940), Rapporteur de la commission du traité de Versailles, délégué de Tahiti, défenseur du vote des femmes, ministre (1932-1933), vice Président de la Chambre  (1938-1940) et délégué extraordinaire du parlement en juillet 1940 auprès du Président de  la République.

"En 1923, Candace dépose sur le bureau de  la Chambre une demande à interpeller le gouvernement « à propos des incidents provoqués journellement tant à Paris qu’en province, par un certain nombre de touristes étrangers et de commerçants français qui injurient et molestent les Français de Race Noire uniquement à cause de la couleur de leur épiderme ».

 

En octobre 1942, Candace continue d’opposer une résistance légaliste en protestant vigoureusement auprès de Pétain contre les directives du ministère de l’Agriculture et du Ravitaillement à propos des congés payés en zone occupée, interdits aux juifs et aux gens de couleur  : « Les Francais de couleur désirent savoir s’ils peuvent continuer à regarder en face, les yeux dans les yeux, leurs compatriotes de la race blanche avec ce sentiment de la fraternité qui les a toujours animé ». La démarche s’inscrit dans une grande vague de protestation qui succède à la raffle du Vel d’Hiv’ et à la fermeture des bureaux des Chambres à l’été 1942. Herriot, Jeanneney, les instituteurs, Mgr Salièges : tous protestent auprès de Pétain.


"Traître à la race noire" pour les mouvements nègres-communistes (Comité de Défense de  la Race Nègre ) Candace provoque involontairement dans la presse nazie les insultes à l'encontre d'Herriot."

Un site consacré à Gratien CANDACE
http://candace.online.fr/